Coton malien, éthique et patch...
Au sommaire de mes dernières lectures, cet excellent ouvrage d'Erik Orsenna :

Fondamental pour comprendre les enjeux de la culture d'une plante indispensable, qui habille des milliards d'humains depuis des siècles, mais qui aussi a été l'une des principales causes du trafic négrier, et qui aujourd'hui encore conditionne la richesse ou la misère de centaines de milliers d'hommes, aux Etats-Unis, au Mali ou au Brésil... A travers l'économie du coton, on comprend mieux comment la mondialisation est un fait inéluctable et que par exemple, les subventions attribuées ici peuvent provoquer les catastrophes là, etc...
C'est aussi cette lecture qui m'a permis de tout à coup réaliser que le fuseau qu'une amie m'avait rapporté du Mali était un fuseau à coton, et non à laine :

(je vous le dis tout de suite, qu'il s'agisse de laine ou de coton, je me demande bien comment ça s'utilise!!!%-])
Je sais juste que, pour ce qui est du tissage, ce sont le plus souvent les hommes qui s'en chargent, là-bas :



Bref, je suppose que vous devinez facilement de quelle destination je rêve pour mon prochain grand voyage (pas avant 2007, hélas) ! ... ;-)
Et le patch, dans tout ça, me direz-vous?
Eh bien, comme vous sans doute, je n'aime pas jeter des choses qui peuvent encore servir, et je suis une fana du recyclage... Les vêtements trop petits ou qui ne nous plaisent plus à la maison finissent donc dans de grands sacs donnés à diverses associations spécialisées... Mais voilà, un certain nombre de ces frippes finissent sur les marchés maliens... et concurrencent inexorablement la production locale de vêtements en beau coton malien (pour ce qui est de la qualité, c'est le meilleur du monde)...
Bref, notre souci à la fois écologique et humanitaire (en toute bonne foi, nous croyons aider les maliens en leur envoyant ce dont nous ne voulons plus) provoque des dégâts économiques...
Alors, que faire?
Tout d'abord, redécouvrir le sens originel du patch : il s'agissait au départ précisément de recycler de vieux vêtements... Alors, au lieu de nous débarrasser de tous ceux-ci et d'acheter systématiquement des tissus neufs pour patcher, ne pourrait-on pas, au moins en partie, récupérer une partie de ces textiles usagés, défraîchis, trop petits ou démodés, pour relever un défi et faire du patch "écolo-éthique"???
Et puis, par ailleurs, il faudrait veiller à vérifier l'origine des textiles que l'on achète, et nous efforcer de consommer "éthique" dans le textile, tout comme nous le faisons de plus en plus pour le café, le chocolat ou les céréales...
Une petite goutte d'eau dans l'océan de la consommation, certes, mais je crois beaucoup à la théorie selon laquelle le battement d'aile d'un papillon d'un côté de la terre peut provoquer des cataractes de l'autre côté... Soyons ce papillon, ces papillons, ces milliers de papillons...